Cinq missiles tirés sur le complexe présidentiel
Les houthistes, soutenus par l’Iran, ont visé jeudi le palais présidentiel d’Aden, où siège depuis 2015 le gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite. Selon le ministre de l’Information, cinq missiles ont frappé le complexe.
Un ministre yéménite, cité sous couvert d’anonymat, a précisé que trois missiles avaient touché un centre de commandement de l’armée yéménite et deux autres un centre de commandement de la coalition dirigée par Riyad.
Le bilan provisoire fait état d’au moins quatre morts et de plus d’une dizaine de blessés, parmi lesquels figurent des Yéménites et des Saoudiens, selon des sources gouvernementales.
Le porte-parole militaire des houthistes, Yahya Saree, a affirmé que ses forces avaient « ciblé le QG des opérations militaires de l’ennemi saoudien » dans le palais. Il a également qualifié toute présence militaire saoudienne de « cible légitime ».
Riyad accuse Téhéran d’encourager l’escalade
L’attaque intervient dans un contexte de reprise des hostilités au Yémen depuis juillet et d’intensification des opérations houthistes contre l’Arabie saoudite.
Le vice-ministre saoudien chargé de la diplomatie, Rayed Krimly, a accusé l’Iran d’encourager cette escalade. « L’escalade engagée par les Houthis à ce stade (…) est encouragée par l’Iran », a-t-il déclaré, reprochant à Téhéran de continuer à « armer, entraîner et soutenir » le mouvement.
Selon les forces gouvernementales yéménites, les houthistes ont également tiré plusieurs missiles balistiques sur Marib, une ville contrôlée par le gouvernement dans le centre du pays. La coalition menée par Riyad a, de son côté, annoncé avoir intercepté des drones visant Khamis Mushait, dans le sud de l’Arabie saoudite.
Le Premier ministre Shaya Mohsen Zindani a assuré sur les réseaux sociaux que son gouvernement « continue de s’acquitter de ses fonctions ».
Le conflit fait craindre une aggravation de la crise humanitaire
L’intensification des attaques a également affecté l’Arabie saoudite. Selon la coalition dirigée par Riyad, les houthistes ont visé l’aéroport international de la capitale à 20 reprises depuis début octobre, en plus d’attaques contre des infrastructures pétrolières.
Après une attaque ayant fait 13 morts à l’aéroport samedi, des explosions ont de nouveau secoué Riyad mercredi. Jeudi, l’aéroport de la capitale saoudienne restait fermé et la coalition a annoncé avoir intercepté un missile dans la région de Médine.
Dans ce contexte, les États membres de l’Union européenne ont reporté un sommet avec les pays du Golfe, initialement prévu le 24 octobre à Riyad.
Au Yémen, où le conflit menace d’aggraver une situation déjà fragile, le directeur du Programme alimentaire mondial dans le pays, El-Khidir Daloum, a mis en garde contre une possible « catastrophe humanitaire ». Le Comité international de la Croix-Rouge a également alerté sur la saturation des hôpitaux et des structures de santé.

