Le Parlement britannique a finalement dit non. Après plusieurs mois de débats et de blocages, les députés ont rejeté vendredi le projet de loi qui devait autoriser, sous certaines conditions, l’aide à mourir pour des patients en fin de vie.
Le vote s’est joué à seulement 16 voix. Au total, 286 députés se sont prononcés contre le texte, contre 270 en faveur de son adoption.
Le projet concernait les adultes atteints d’une maladie en phase terminale dont l’espérance de vie était estimée à moins de six mois. La procédure prévoyait plusieurs garanties, dont l’évaluation par deux médecins et un collège d’experts. Le patient devait également être capable de prendre lui-même la substance létale.
Un sujet qui divise profondément
Le débat a suscité de fortes réactions au sein du Parlement britannique. Le gouvernement travailliste avait choisi de rester neutre et avait laissé les députés voter selon leur conscience.
Les partisans du texte défendaient la possibilité pour les personnes en fin de vie de choisir les conditions de leur mort. Ses opposants craignaient, eux, que la légalisation ne crée une pression supplémentaire sur les personnes âgées, handicapées ou particulièrement vulnérables.
Le projet avait déjà franchi une première étape en juin 2025, avant de se heurter à d’importants blocages à la Chambre des Lords. Il avait finalement été réintroduit quelques mois plus tard.
Le débat n’est pas définitivement clos
Le rejet constitue un nouveau revers pour les défenseurs de l’aide à mourir au Royaume-Uni. Plusieurs pays, dont la Belgique, le Canada, la Suisse et l’Uruguay, ont déjà adopté des dispositifs permettant, sous différentes conditions, une assistance médicale à la fin de vie.
En Angleterre et au pays de Galles, la législation reste inchangée après ce vote. La question pourrait toutefois revenir dans le débat politique britannique dans les prochaines années.

