Le vote du second tour de l’élection présidentielle brésilienne a été prolongé de deux heures dimanche, sur décision du juge de la Cour suprême Cristiano Zanin. Cette mesure vise à tenir compte des difficultés rencontrées par certains électeurs pour accéder aux bureaux de vote en raison de problèmes de transport en commun.
« Au vu de la gravité des faits et de l’urgence de prendre cette mesure, j’ordonne la prolongation pour deux heures, jusqu’à 19 heures », a déclaré le magistrat dans un document judiciaire consulté par l’AFP.
L’équipe du président sortant, Luiz Inácio Lula da Silva, avait saisi la justice pour obtenir cette extension. Elle dénonce notamment le retrait de bus de la circulation dans plusieurs villes, dont São Paulo, dans le Sud-Est, et Salvador de Bahia, dans le Nord-Est, un bastion électoral historique de Lula.
« Les électeurs sont empêchés de voter », a affirmé le chef de l’État, qui affronte le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro, âgé de 45 ans.
Polémique autour de la circulation des bus
À São Paulo, le camp de Lula accuse la municipalité de n’avoir fait circuler que 60 % des bus prévus, malgré une décision judiciaire exigeant le déploiement de l’ensemble de la flotte, selon CNN Brésil. La mairie conteste le calendrier de cette décision, qu’elle estime tardive, tout en affirmant vouloir s’y conformer.
Le président du Tribunal supérieur électoral, Kassio Nunes Marques, a reconnu l’existence de difficultés dans certaines zones, tout en précisant qu’elles étaient en cours de résolution.
Lula a dénoncé la situation, déclarant qu’« une fois de plus, il se passe une chose abominable ». Son équipe demandait que les horaires soient étendus afin de permettre aux personnes gênées par ces obstacles de participer au scrutin.
Le précédent controversé de 2022
Les problèmes de transport ravivent le souvenir du second tour de la présidentielle de 2022. À l’époque, la Police routière fédérale (PRF) avait installé des barrages filtrants qui avaient retardé l’arrivée de certains électeurs aux bureaux de vote dans le Nord-Est.
La PRF était alors dirigée par Silvinei Vasques, nommé par Jair Bolsonaro, président en exercice à l’époque. M. Vasques a été arrêté par la suite.
L’ancien président, père de Flavio Bolsonaro, avait perdu cette élection face à Lula. Condamné l’an dernier à 27 ans de réclusion pour tentative de coup d’État, il purge actuellement sa peine à domicile pour des raisons de santé.

