Lula reste à la tête du Brésil. Devancé par Flávio Bolsonaro au premier tour, le président sortant a finalement inversé la tendance lors du scrutin décisif. Cette victoire permet à la gauche de conserver le pouvoir dans le plus grand pays d’Amérique latine, alors que plusieurs pays de la région connaissent une progression des forces conservatrices.
La marge de manœuvre du chef de l’État pourrait toutefois être limitée par le renforcement de la droite au Parlement, à l’issue des élections législatives organisées trois semaines plus tôt.
Un scrutin marqué par des tensions
La journée électorale a été perturbée par une controverse concernant les conditions de vote. À la suite d’un recours de l’équipe de campagne de Lula, un juge de la Cour suprême a décidé de prolonger le scrutin de deux heures.
Le président sortant a dénoncé une situation qu’il a qualifiée de « chose abominable », affirmant que certains électeurs avaient été « empêchés de voter ». Selon lui, des bus avaient été retirés de la circulation dans plusieurs villes, notamment à São Paulo et à Salvador de Bahia.
Un quatrième mandat historique pour Lula
Issu d’un milieu modeste dans l’État du Pernambouc, Lula a déjà dirigé le Brésil de 2003 à 2010 avant de revenir au pouvoir en 2023. Son nouveau mandat doit s’achever en 2030, année où il aura 85 ans. Il totalisera alors seize années à la tête du pays.
Son parcours politique a également été marqué par une condamnation pour corruption, qui l’avait conduit en prison pendant 580 jours en 2018 et 2019. Cette condamnation a ensuite été annulée pour des motifs de procédure.
Pour ce nouveau mandat, Lula devra notamment composer avec une opposition conservatrice renforcée et répondre aux attentes de ses électeurs, dans un pays où les divisions politiques restent profondes.

