Une neutralité plus stricte rejetée par les électeurs
L’initiative prévoyait notamment d’interdire toute alliance avec une organisation militaire, sauf en cas d’attaque ou de préparatifs d’attaque contre la Suisse. Elle voulait également limiter la reprise de sanctions économiques contre des pays tiers, à l’exception de celles décidées par l’ONU.
Le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, opposé au texte, a estimé que la neutralité devait « pouvoir s’adapter aux circonstances » afin de préserver la sécurité et l’indépendance du pays.
La question des sanctions au cœur du débat
La neutralité suisse, inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1848, a été au centre de débats ces dernières années, notamment après l’adoption par Berne des sanctions de l’Union européenne contre Moscou à la suite de l’invasion russe en Ukraine.
Les partisans d’une neutralité flexible défendent la possibilité pour la Suisse d’adapter sa politique aux circonstances. Cette approche a notamment conduit le pays à collaborer avec l’Otan sans en être membre.
À l’inverse, Pro Suisse et l’UDC défendaient une conception plus rigoriste de la neutralité. Moscou avait salué l’initiative, tandis que ses opposants l’avaient notamment qualifiée de prorusse.
Une autre initiative également rejetée
Les électeurs suisses ont également rejeté, à 72,5 %, une initiative visant à porter à 70 % le taux d’autosuffisance alimentaire du pays en dix ans.
Le gouvernement et les principaux partis avaient appelé à voter contre cette proposition, jugeant son objectif irréaliste. Les Vert·e·s n’avaient, eux, donné aucune consigne de vote.

