La Guinée-Bissau s’apprête à changer de régime politique. Le « oui » l’a emporté avec 70 % des voix lors du référendum constitutionnel organisé dimanche, selon les résultats annoncés mardi par la Commission nationale électorale.
La réforme prévoit notamment de donner au président de la République le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement. Le chef de l’État pourra également dissoudre le Parlement.
Une réforme qui divise
Les autorités de transition présentent cette modification comme un moyen de mettre fin aux blocages institutionnels qui ont régulièrement paralysé le pays. La Guinée-Bissau a connu plusieurs crises politiques depuis son indépendance en 1974.
L’opposition, elle, conteste la légitimité du processus. Plusieurs formations politiques, dont le PAIGC, avaient appelé au boycott du référendum. Elles dénoncent notamment un processus organisé par un pouvoir militaire non élu et s’inquiètent d’une concentration excessive des pouvoirs.
Le référendum s’est par ailleurs déroulé dans un contexte de faible mobilisation, malgré les assurances de la commission électorale sur la transparence du scrutin.
Les élections générales en ligne de mire
Cette réforme intervient alors que la transition militaire doit prendre fin dans les prochains mois. Des élections générales sont prévues le 6 décembre 2026, avec l’objectif affiché de permettre un retour des civils aux commandes du pays.
La nouvelle Constitution pourrait ainsi profondément modifier l’équilibre institutionnel de la Guinée-Bissau. Dans un pays marqué par les coups d’État et les crises politiques, le renforcement des pouvoirs présidentiels risque toutefois de continuer à alimenter le débat sur l’avenir démocratique du pays.

