La suspension des réseaux sociaux officiellement levée
Après plus de huit mois de coupure, les réseaux sociaux ont été rétablis au Gabon, a annoncé samedi la Haute autorité de la communication (HAC). La suspension avait été instaurée le 17 février « jusqu’à nouvel ordre », au motif de la diffusion de « contenus portant atteinte à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale ».
« La HAC décide de la levée de la mesure portant suspension des réseaux sociaux », a déclaré son porte-parole, Jean-Claude Franck Mendome, dans une déclaration lue à la télévision nationale.
Facebook et TikTok, parmi les plateformes les plus utilisées dans ce pays d’Afrique centrale d’environ 3,5 millions d’habitants, étaient concernés, tout comme YouTube et Instagram. WhatsApp, de son côté, n’avait fonctionné que partiellement durant cette période.
La restriction avait toutefois été largement contournée grâce à l’utilisation de réseaux privés virtuels (VPN).
Libreville renforce les règles d’utilisation
Pour justifier la suspension, la HAC avait expliqué vouloir « permettre au gouvernement d’adapter l’arsenal juridique pour un meilleur encadrement de l’usage des réseaux sociaux ».
En octobre, les autorités gabonaises ont notamment rendu l’identification formelle obligatoire pour tous les utilisateurs du pays, mettant ainsi fin à l’anonymat en ligne. La HAC a également mis en avant une collaboration avec TikTok, Meta et YouTube afin d’« améliorer la modération des contenus diffusés » sur leurs plateformes.
La décision de suspension avait néanmoins fait l’objet de plusieurs recours en justice, tous rejetés, et suscité de vives critiques de l’opposition.
Une décision contestée dans un climat politique tendu
La coupure des réseaux sociaux a alimenté les critiques sur la situation des libertés publiques au Gabon. Parmi ses opposants les plus virulents, l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze est détenu depuis avril dans une affaire liée à une dette contractée en 2008 dans le cadre d’une fonction officielle.
La suspension des plateformes et l’emprisonnement de cet opposant ont contribué, selon le contexte rapporté, à renforcer les inquiétudes autour du climat politique du pays.
Cette situation contraste avec les espoirs démocratiques suscités par l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema, élu président en 2025 après avoir pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 2023.

