La crise entre l’Algérie et les Émirats arabes unis franchit un nouveau cap. Alger a annoncé jeudi la rupture de ses relations diplomatiques avec Abou Dhabi, après plusieurs années de désaccords et de tensions.
Les autorités algériennes dénoncent notamment une « multiplication des agissements provocateurs ou hostiles » de la part des Émirats. Selon Alger, cette décision intervient après l’échec des différentes démarches entreprises pour préserver les relations entre les deux pays.
Les Émirats arabes unis ont, de leur côté, dit espérer que cette rupture serait « temporaire ». Leur ministère des Affaires étrangères a également réaffirmé son attachement aux liens entre les deux peuples.
L’espace aérien algérien fermé aux avions émiratis
Dans la foulée de l’annonce, l’Algérie a également décidé de fermer son espace aérien aux avions militaires et civils des Émirats arabes unis.
La mesure doit entrer en vigueur à minuit, heure locale. Les vols commerciaux émiratis à destination ou en provenance de l’aéroport international d’Alger restent toutefois autorisés jusqu’à la fin de l’année 2026.
Des divergences sur le Sahel, la Libye et le Soudan
Le désaccord entre Alger et Abou Dhabi dépasse aujourd’hui le cadre bilatéral. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune accuse régulièrement les Émirats de jouer un rôle déstabilisateur dans plusieurs crises régionales, notamment en Libye, au Mali et au Soudan.
Les autorités algériennes reprochent notamment à Abou Dhabi son soutien présumé à certains acteurs impliqués dans les conflits libyen et soudanais. Les Émirats ont toujours rejeté ces accusations.
La rupture diplomatique intervient ainsi dans un contexte de profondes divergences sur la politique régionale et les équilibres au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Elle marque une nouvelle détérioration des relations entre les deux pays.

